Le soufflage du vers

jusqu'à le dernier poème, avant le premier

I,II,III,IV

D’où vient ça ?

Je n’ai pas à perdre

mais à gagner

des nos désirs la fumée

des nos vies l’oxygène

dans le feu de nos rêves

dans l’ombre jouer aux cartes sans rien parier

dans les affections sincères et les sentiments d’ignorance

pas de perte que lors tu veux la calculer

pas de noces entre ma tomate et sa fraîcheur

les mots, ne suffisent pas pour nommer mon angoisse mais l’angoisse,

ne suffit pas pour refouler l’urgence

l’urgence est de vivre et n’est plus un devoir

je sens son appel nouvel, apaisé, me dire :

« il existe un jeu meilleur que ces cartes truquées,

                     C’est l’art de vivre »

Remarques supplémentaires sur un métier possible II

L’art de vivre

l’art est de la vie

l’artisan non qualifié

un seul pacte

l’art de bien dire, bien agir, bien écrire,

l’art n’est pas un bien

face à l’inconnu d’un avenir

Le prix de la vie c’est la vie

la vie le sait ainsi se faire sentir

elle ne prie pas

veux-je la suivre ?

ETRE, philosophie, définition :

« ne cessera que jusqu’à j’en suis de justesse ivre »

III La jouissance de l’organe, Imaginant douloureusement la vie des Sans-limites

Oui dire avec mes yeux

Mais j’te refuse avec le regard,

Pirouettons rue Brassens publique

Sur nos pieds nus débutants.

Qu’il est frais le vent

Mais comme il frappe les mèches un soir.

Si vrais devraient être ensembles

Et nous à jamais on n’entend que l’un ;

Ainsi parla la canaille, le frustré, l’ amoureux, Hegel mal digéré

et un quelconque guru de truismes

le pauvre Geist terrassant.  

Me voilà que j’arrive à l’entendre

Vous le formulez différemment

Enfin, cela aurait pu se passer autrement.

Y-a-t-il ceux qui font un métier de l’emprise ?

Delacroix dessina les Sabines

Qui sauront faire la paix larmoyante

Mais Poussin dévoila les soldats ;

Au signal Romulus commandant !

Enlevant, agressant, réjouissant et violant

Écoutez les armées des hommes,

Cela aurait pu se passer autrement.

Les pulsions tyrannisent vos actes

Etes-vous alors ou pas,

amants désirants ?

Ces personnes convaincues que l’emprise

Est l’affaire de l’Eros l’aveuglant

Sauront à verser une pluie de rimes

Egale aux flèches leurs corps perçant;

Jusqu’à que l’Autre prononcera

Cet Oui triomphant et ce Non, déchirant,

Où sachant ne pas les mâcher,

les énoncés qui priment

Par des exhalaisons se possédant ;

Vaut plus invoquer dieu Antéros

Avoir les blues avec les tangueros

Passer une semaine près du vin

Au cimetière Lachaise partager le pain

Avec ses poètes ses corbeaux

Et les cieux devenus encombrants.

Pas d’horizon corazón

Tiens que cela n’est pas rien

Que tu ne vires pas en charlatan.

 IV Les non-sans-oser ne sont pas Les sans-limites

Des marques sur le mur de

bosses

creux

fissures, rayures

percements

j’ai ciblé le grand pêcher

dans l’espoir qu’il me donne une pêche

j’ai fait long feu

là lumière rentre de travers mes échecs

qu’elle m’illumine, qu’elle me satisfasse,

c’est ainsi

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