D’où vient ça ?
Je n’ai pas à perdre
mais à gagner
des nos désirs la fumée
des nos vies l’oxygène
dans le feu de nos rêves
dans l’ombre jouer aux cartes sans rien parier
dans les affections sincères et les sentiments d’ignorance
pas de perte que lors tu veux la calculer
pas de noces entre ma tomate et sa fraîcheur
les mots, ne suffisent pas pour nommer mon angoisse mais l’angoisse,
ne suffit pas pour refouler l’urgence
l’urgence est de vivre et n’est plus un devoir
je sens son appel nouvel, apaisé, me dire :
« il existe un jeu meilleur que ces cartes truquées,
C’est l’art de vivre »
Remarques supplémentaires sur un métier possible II
L’art de vivre
l’art est de la vie
l’artisan non qualifié
un seul pacte
l’art de bien dire, bien agir, bien écrire,
l’art n’est pas un bien
face à l’inconnu d’un avenir
Le prix de la vie c’est la vie
la vie le sait ainsi se faire sentir
elle ne prie pas
veux-je la suivre ?
ETRE, philosophie, définition :
« ne cessera que jusqu’à j’en suis de justesse ivre »
III La jouissance de l’organe, Imaginant douloureusement la vie des Sans-limites
Oui dire avec mes yeux
Mais j’te refuse avec le regard,
Pirouettons rue Brassens publique
Sur nos pieds nus débutants.
Qu’il est frais le vent
Mais comme il frappe les mèches un soir.
Si vrais devraient être ensembles
Et nous à jamais on n’entend que l’un ;
Ainsi parla la canaille, le frustré, l’ amoureux, Hegel mal digéré
et un quelconque guru de truismes
le pauvre Geist terrassant.
Me voilà que j’arrive à l’entendre
Vous le formulez différemment
Enfin, cela aurait pu se passer autrement.
Y-a-t-il ceux qui font un métier de l’emprise ?
Delacroix dessina les Sabines
Qui sauront faire la paix larmoyante
Mais Poussin dévoila les soldats ;
Au signal Romulus commandant !
Enlevant, agressant, réjouissant et violant
Écoutez les armées des hommes,
Cela aurait pu se passer autrement.
Les pulsions tyrannisent vos actes
Etes-vous alors ou pas,
amants désirants ?
Ces personnes convaincues que l’emprise
Est l’affaire de l’Eros l’aveuglant
Sauront à verser une pluie de rimes
Egale aux flèches leurs corps perçant;
Jusqu’à que l’Autre prononcera
Cet Oui triomphant et ce Non, déchirant,
Où sachant ne pas les mâcher,
les énoncés qui priment
Par des exhalaisons se possédant ;
Vaut plus invoquer dieu Antéros
Avoir les blues avec les tangueros
Passer une semaine près du vin
Au cimetière Lachaise partager le pain
Avec ses poètes ses corbeaux
Et les cieux devenus encombrants.
Pas d’horizon corazón
Tiens que cela n’est pas rien
Que tu ne vires pas en charlatan.
IV Les non-sans-oser ne sont pas Les sans-limites
Des marques sur le mur de
bosses
creux
fissures, rayures
percements
j’ai ciblé le grand pêcher
dans l’espoir qu’il me donne une pêche
j’ai fait long feu
là lumière rentre de travers mes échecs
qu’elle m’illumine, qu’elle me satisfasse,
c’est ainsi