Je coupe avec ton couteau
mes legumes
Le ton du ton, le ton au mon ?
c’est du passé
Mon couteau appartient à toi
Pour toujours il persiste dans la mémoire
ta volonté de son appartenance à moi
Tu as voulu être à moi
J’ai voulu être à toi,
pour un temps
nos destins se sont mêlés
avant de se diverger
Le passé c’est la mémoire qui ne se troue
pas comme mon jean usé
Je ne veux pas, je ne veux pas, je ne veux pas
te remplacer
c’est du passé
Celle qui vient à ta place
ramène avec elle le présent,
repousse ce qui t’appartient
la coquille vide de la mémoire
envelopper mon existence sans te porter
c’est ma définition
de ce qui cesse à vivre au présent
Mais si j’affirme que c’est toi mon passé,
tu construira mes reflexions
jamais plus mes rêves
Il est dûr à entendre ton couteau trancher
à deux, ce qui était et reviendra
seulement parce qu’il n’arrivera plus
Tu n’est plus mon événement
Tu es le coffre poussiérreux au grénier
lorsque j’arrose les fleurs au jardin
et pourtant, les fleurs, c’est toujours toi
La seule chose qui coule dans ta tige
c’est la mémoire
je me contente à des illusions olfactives
La gravité effondre la masse
de ton invivable surface
tu deviendra invisible
tu m’attirera toujours
parce que la lumière ne vivra pas en toi
seulement l’ombre de tout ce que tu signifieras
pour toujours à moi
Vaince le passé
d’abord c’est survivre par effraction
du présent dans l’espace que tu occupais
Croire ignorant
se dire meilleur l’éviter par l’oubli
de ton irrésistible poids sur ma vie
Reprendre haleine
je constate bêtement
que le mouvement c’est le don
seul du présent
Eprouver la douloureuse réalité
du corps qui bouge puisque il s’attache
à l’élan de l’instant fougueux
plus qu’au passé révérbérant
Le passez rêver verbe errant