Le soufflage du vers

jusqu'à le dernier poème, avant le premier

Le pêcheur son caillou, et la mer.

Moi je parle à vous

ma parole c’est le filet de pêche

vous êtes un galet au fond de la mer

Je pense après mille ans de pêche :

« Ceci ne changera point et c’est pour rien.

Dans le nouveau millénaire, jetterai-je mon filet encore ?

A chaque nouvelle essaie

mon amour de la pêche grandit

Je pêche mais je ne suis pas encore pêcheur

Je vous parle mais je ne connais pas ma parole » 

Le caillou au fond de la mer parle :

« Il me paraît qu’il faut me demander de surgir au surface. »

Ainsi, j’hésite de jetter mon filet et m’adresse à vous :

-Fais-toi apparaître, petite pièrre arrondie

-« Voilà » vous dites.

-J’ai perdu l’éternité et j’ai gagné ce galet

dont la réponse me parle et je m’y connais

J’y suis pêcheur, voilà ma réponse.

La mer de voeux n’offre pas ses galets

elles me les rend une fois demandés

Puis je deviens pêcheur,

puis la pêche me déplaît

Puis mon être parle

le faire parler me déplait.

Pourtant mon caillou brille dans la main

ce n’est qu’une petite pièrre.

ma fortune

mon désastre

mon astre

ma boussole

Comment te nommer

si tu n’est pas une découverte néfaste ?

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